Les mardis des anciens,

Publié le par DU sur la Relation d'Aide par la Médiation Animal

6 participants.es, représentants.es des années de DU : 2009/2010 ; 2012/2013 ; 2015/2016 ;
2021/2022 ; 2022/2023


Mots-clés :


psychotraumatisme ; histoire de vie ; réactions ; symptômes ; psycho éducation ; lien ; perception ;
adaptation ;


Expressions-clés :


«lecture de l’animal ; explication du vécu ; réaction légitime ; laisser une porte ouverte ; une part de
notre intimité dans le monde professionnel ; repartir avec quelque chose »


Présentation :


Julia Chopineau, psychologue clinicienne dans différents services de pédopsychiatrie : Centre Médico
Psychologique Enfant et Adolescent (CMPEA) ; Centre d’Activités Thérapeutiques à Temps Partiel
(CATTP) ; Hôpital de Jour Enfant (HDJ) ; Unité de Thérapie Familiale (UFT). Diplômée du DU RAMA
2022/2023.


La médiation animale auprès des personnes ayant subi des psychotraumatismes


1) La médiation pratiquée en individuel ou en groupe, avec différentes espèces :

  • psychothérapies et entretiens familiaux associés à la présence de Mia, English Springer Spaniel de 7 ans (intervient 1 journée par semaine),
  • médiation équine auprès d’enfants autistes ou ayant subis des violences intrafamiliales,
  • groupe thérapeutique d’adolescents auprès de différentes espèces animales (chiens, chats, animaux de ferme)


2) Qu’est-ce qu’un psychotraumatisme


Le psychotraumatisme est l’ensemble des troubles neuro psychologiques survenant lors de situations
traumatiques (rencontre avec le réel de la mort venant faire effraction) comme :
- Des violences
- Des accidents
- Des catastrophes naturelles.


En fonction de la personne et du moment, ces événements peuvent entrainer ou non un psychotraumatisme.
Le psychotraumatisme peut apparaitre chez les victimes directes, les responsables et les auteurs, les
témoins mais également les proches ou les secouristes (traumatisme vicariant).


3) Réactions possibles face à un danger


La théorie de PORGUES : quand on se sent menacé, on cherche en premier lieu un engagement social
(réconfort, aide). Si personne ne vous répond ou que le danger est trop imminent nous avons des
réactions plus primitives :

  • La lutte (on repousse)
  • La fuite (on se sauve)
  • Le figement / immobilisation / effondrement : l’organisme cherche à se préserver et se ferme = réaction à la base de la plupart des traumas.

Ces signaux peuvent persister longtemps après l’évènement, comme ça peut aussi être le cas chez les
animaux ayant vécus certains événements traumatiques (chien agressif après avoir vécu des
maltraitances ou fuyant ou figé dans un coin).


4) On peut expliquer ces types de réactions en prenant l’exemple des animaux


Recherche d’aide, de lien social ; l’attaque ; la fuite ; le figement, immobilisation (attention risque
élevé de trauma) ; support « les émotions des animaux » - les émotions et nous ; Amandine Thomas /
Florence Pinaud


5) Quels sont les symptômes d’un psychotraumatisme


Symptômes :

  • Symptômes intrusifs : images intrusives, cauchemars, impression de revivre l’événement, flash-back (reviviscence / fragments sensoriels bruts)
  • Symptômes d’évitement : éviter à tout prix ce qui peut rappeler l’événement
  • Hypervigilance ; sursaut ; attention toujours en alerte
  • Troubles de l’humeur : irritabilité, colère, tristesse…
  • Troubles dans les relations aux autres : méfiance, défiance, …
  • Concept de soi négatif : mauvaise estime ; sentiment d’impuissance ; d’inutilité
  • Dissociation : se sentir couper de ses émotions, de soi-même ; ne rien ressentir

Symptômes inférieurs à un mois : état de stress aigu ; supérieurs à un mois = trouble de stress post-
traumatique


Complications : troubles de la personnalité ; maux corporels ; addiction ; dépression ; tentative de
suicide ; troubles anxieux …


6) Comment travailler avec les personnes ayant vécues des psychotraumatismes ?


Importance du besoin de sécurité ; besoin de contrôle, de maitrise ; besoin de prévisibilité ; retrouver
un rôle actif et non plus subir ; relation à l’autre, à un autre être vivant ; retrouver la faculté
d’éprouver de la sécurité


7) Adapter la médiation animale à cette population

 

  • Sentiment de sécurité : utiliser l’échelle de sécurité (sur une échelle de 0 à 10 à combien il se sent en sécurité en début/fin de séance ; comment l’accompagner/aider à améliorer/développer son sentiment de sécurité)

 

  • Besoin/sentiment de contrôle, de maitrise : accepter de rester souple dans le cadre et de pouvoir dans la mesure du possible laisser faire certains choix (choix de l’animal avec lequel il souhaite travailler, l’activité à faire, le lieu de balade…)

 

  • Besoin de prévisibilité : explication du déroulement de la séance ; partage de la lecture de l’animal.
  • Retrouver un rôle actif et non plus subir : le choix, l’influence du comportement du bénéficiaire sur l’animal ; actions auront des conséquences sur le lien à l’animal et ses réactions ; sentiment d’agentivité = sentiment d’avoir une certaine maitrise sur sa vie par le biais de ce que la personne peut apporter à l’animal
  • Relation à l’autre, à un autre être vivant : retisser un lien de confiance via l’animal ; passerelle entre le patient et le thérapeute ; proposition d’apporter des soins à l’animal pour étayer de nouvelles façons d’être et de faire dans la relation à l’autre
  • Retrouver la faculté d’éprouver de la sécurité : aider à percevoir des sensations (chaleur, pression, tension, détente musculaire…) et ensuite d’identifier celles qui appartiennent à la détente, au plaisir ; conscience des états du corps ; prendre conscience de leur respiration et de leurs gestes (cohérence cardiaque) ; s’appuyer sur la relation de confiance, sur le potentiel état de bien-être de l’animal pour petit à petit associer sur les ressentis du patient.
  • Travailler sur l’alexithymie (incapacité à mettre des mots sur ses émotions) : aider à apprendre à faire des liens entre sensations et émotions (reconnexion esprit/corps) ; percevoir, nommer et identifier les émotions de l’animal pour pouvoir accéder aux siennes ; en fonction de l’animal, de ses particularités, de son histoire de vie, ses caractéristiques, s’appuyer dessus pour faire des liens avec ce que traverse la personne.

8) Bibliographie


Les émotions des animaux - Amandine Thomas / Florence Pinaud
Le trauma, comment s’en sortir – Coraline Hingray / Wissam El-Hage
Le corps n’oublie rien – Bessel Van der Kolk

Temps d’échange / questionnements :


Exemple pratique : Julia propose des temps de balade et de contact dans des refuges ; les animaux
sont sélectionnés en fonction des bénéficiaires orientés. 2-3 jeunes par séance.
Fin de suivi
Ajustement des séances
Relation entre l’animal et l’intervenant ; inclure le bénéficiaire
Photos/vidéo : preuves concrètes ; valorisation ; peut contribuer au mieux-être

Organisation des mardis :


Les prochains mardis sont :
17 septembre 2024 : / en attente
29 octobre 2024 : Louanic Rousseau
19 novembre 2024 : / en attente ; Thierry Dzyczko (à confirmer en septembre)
17 décembre 2024 : Philippe Badin
→ IL RESTE ENCORE DEUX CRENEAUX : le 17 septembre et le 19 novembre

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