Depuis l’annonce de ce DU pour la rentrée universitaire 2010 plusieurs personnes m’ont posé des questions à priori surprenantes, mais à posteriori bien compréhensibles. Cela par ailleurs permet de mieux préciser le positionnent de cette formation. Vous verrez que certains points sont rébiditoires et que d’autres peuvent se reconsidérer dans le temps.
1. Je n’ai pas (ou peu) d’expérience personnelle ou professionnelle avec les animaux. Puis je m’inscrire ?
Assurément, ce n’est pas le profil type des candidats ! La plupart on déjà une bonne connaissance du monde animal ou d’un animal en particulier. L’empreinte précoce de l’enfance est une donnée importante à prendre en compte mais nombre de personnes découvrent plus tardivement le potentiel relationnel que nous offrent les animaux. Quoi qu’il en soit, une expérience en la matière s’impose.
2. Je n’ai pas d’expérience du public des personnes bénéficiaires des AAA. Puis je m’inscrire ?
Ce point plus ouvert, est à considérer en fonction de votre projet. Mais le préalable à votre inscription passe par un contact primaire avec le type de bénéficiaires potentiels afin de s’assurer que votre ressenti est compatible avec cette démarche. A titre d’illustration, certaines personnes souhaitent participer à des programmes « chiens visiteurs » après des personnes âgées en institution. Lors de la première visite sans le chien, ces personnes se sentent très mal à l’aise et il devient évident que ce type de public n’est pas leur voie actuelle. Vous devez donc d’une façon ou d’une autre être sur de votre positionnement personnel vis-à-vis des personnes bénéficiaires auprès desquelles vous souhaitez intervenir. Et il n’y a qu’une méthode pour le savoir ; la rencontre.
3. Puis je suivre l’enseignement par correspondance ?
Les sessions dites « théoriques » sont des temps de rencontre (encore la rencontre !). Avec les intervenants, les autres étudiants - voire des animaux, des bénéficiaires ou des cadres d’intervention - et nous l’espérons avec vous-même. Tout du moins au regard des enjeux des AAA. Nous ne savons pas faire cela par correspondance.
4. Vous rechercher des recettes de cuisine pour une AAA sans peine, ou vous aimez bien être au fond de la classe, près du radiateur.
La pratique des AAA est une affaire de passionnés. Il faut donc s’y jeter sans retenue et cela nécessite implication et travail personnel. Il n’y a pas d’AAA « pour les nuls » ou de formule dilettante, on est dedans ou pas.
5. Vous pensez que les projections anthropomorphiques de l’intervenant sont incompatibles avec la pratique.
Si vous restez collé au premier degré, c’est le cas. Mais cela fonctionne comme l’humour ou les textes sacrés, il y à plusieurs niveaux de lectures. Et le second n’apparaît que dans le sillage du premier et ainsi de suite. Ne nous privons pas des plaisirs que nous offre notre équipement neuro-biologique sophistiqué et sachons le faire, selon nos aptitudes, dans son amplitude maximale. Néanmoins les difficultés de distanciations affectives de l’intervenant vis-à-vis de l’animal s’avèrent pour beaucoup un obstacle redoutable. Soyez vigilant ! Votre question est bien fondée et si vous vous la posez, c’est peut être qu’elle vous concerne ?
6. En matière d’AAA, vous pensez que quelqu’un détient la vérité.
C’est indispensable d’avoir des convictions, des principes clairement définis et de les confronter à l’expérience personnelle. Mais il y a tant de situations inattendues, de bonnes surprises que la modestie s’impose. Auriez vous eu l’idée (ou le culot) d’introduire un chien dans la chambre d’une personne âgée agitée lors de la toilette et des pansements ? Ce n’est pas « médicalement correct ». Oui, mais ça marche, en présence du chien, cette personne est calme, détendue et adopte une attitude coopérante. Dans ce cas précis, personne ne la savait avant d’avoir essayé (osé) ! Cela stimule la créativité et les initiatives, mais ne restez pas seul dans l’expérimentation (cf point suivant)).
7. Vous souhaitez intervenir seul, de façon autonome et ne pas échanger sur votre pratique ou être supervisé.
Attention ! N’auriez-vous pas des traits de personnalité mégalomaniaques ou paranoïdes ? Si les conflits ne sont pas la, ils ne sont peut être pas loin ?
8. Vous pensez que la formation peut donner les réponses à TOUTES vos questions.
Je suis toujours surpris lorsque à l’issue d’une formation les stagiaires font part de leur gratitude et de leur satisfaction . . . . mais pour certains « il y a cette question qui reste sans réponse ». Et pour cause, c’est une interrogation de nature personnelle. Personne ne peut répondre à votre place à ce genre de questionnement. Les intervenants peuvent apporter des informations, des confrontations d’expériences, des témoignages, encadrer des mises en situations, des analyse de pratiques .. . . mais « in fine », ils ne peuvent être au cœur de la singularité de votre itinéraire, de vos animaux partenaires, des spécificités des bénéficiaires auprès desquels vous interviendrez, du contexte . . . . c’est votre aventure. Notre privilège, c’est d’en être un acteur-témoin.
9. vous n’avez pas de goût pour le jeu.
La base de la transmission de ce DU passe par le ludique au service du sérieux et du sérieux ludique (SEL). Le sel de l’option pédagogique du SEL est le plaisir. Nous essayerons d’être fidèle à ce principe.
10. Vous n’avez pas le sens de l’humour.
A ma connaissance, il n’y a pas de traitement !
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